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Une belle occasion perdue !

  • 3 févr.
  • 2 min de lecture

Histoire d'Abbeville

et du comté de Ponthieu

de 1500 à 1789


François-César Louandre

Format 15 x 21 cm

Photos et dessins N/B

ISBN 978-2-35637-137-9














1567, les hérétiques ravagent le Ponthieu...

Le maréchal de Brissac, gouverneur de la Picardie, partit avec un corps de troupes, et vint à Abbeville faire ses premières dispositions pour attaquer les hérétiques. Il établissait son camp près de cette ville au moment même où l’une des plus jolies personnes de la cour, Mlle de Cetton, fille d’honneur de Catherine de Médicis, y arrivait avec sa mère, qui la menait en Angleterre pour la marier.

C’était une de ces dames qui méritaient de figurer dans les galeries de Brantôme. Le maréchal, épris de cette demoiselle, s’empresse de préparer une fête, y invite madame de Cetton, se ménage aisément le moyen de s’entretenir avec sa fille, et en obtient un rendez-vous. Il en attendait le moment avec la plus vive impatience, lorsqu’on vint lui annoncer que Cocqueville marchait sur Saint-Valery, et qu’il n’y avait pas un instant à perdre s’il voulait sauver cette place.

— Parbleu, dit-il, il est bien cruel de passer sur la selle et à combattre une nuit qui aurait été si agréable ; les huguenots me payeront cher le tour qu’ils me jouent !

A l’arrivée du courrier il monte à cheval, et se dirige sur Saint-Valery. Les huguenots s’étaient emparés de cette ville par surprise, l’avaient livrée au pillage, et ils en sortaient avec leur butin lorsque Brissac se présenta devant eux, à la tête de ses troupes.

Cocqueville rebroussa chemin, et se renferma dans la place ; mais le maréchal l’y investit aussitôt, fit approcher trois pièces de canon, et abattit un mur. Tandis que Cocqueville et Saint-Amand s’efforçaient de réparer la brèche et de la défendre, les habitants prirent les armes, et s’emparèrent d’une porte qu’ils ouvrirent aux troupes royales. Brissac passa au fil de l’épée les aventuriers étrangers qui avaient suivi les drapeaux des hérétiques, et fit grâce à la plupart des Français. Il n’épargna Cocqueville et ses principaux officiers que pour les faire décapiter peu de jours après sur le marché d’Abbeville. Leurs têtes furent envoyées à Paris, et attachées à une potence en place de Grève. Quelques autres officiers subalternes et plusieurs soldats furent pendus. Ces exécutions durèrent plusieurs jours.Le châtiment du mauvais tour qu’on venait de jouer au maréchal avait suivi de bien près la menace ; mais l’occasion perdue avec la fille d’honneur ne se retrouva pas.

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