L'abbaye de Ham
- 30 juin
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HISTOIRE POPULAIRE DE HAM
Elie Fleury et Ernest Danicourt
15 x 21 cm - 112 pages Illustrations - cartes postales anciennes - plans
« Un des plus beaux ornements de la ville de Ham, écrivait en 1700, l’auteur de la vie de Saint-Vaneng, est l’abbaye des chanoines réguliers. Elle était avant le douzième siècle, une collégiale de chanoines, autrefois Réguliers. Mais comme la plupart des autres, elle avait été sécularisée : depuis, Odon Ier, seigneur de Ham, la remit entre les mains de Baudri, évêque de Noyon, qui y rétablit les Chanoines Réguliers en 1108. Pascal II l’érigea la même année en abbaye et lui accorda plusieurs privilèges que ses successeurs ont confirmés ou augmentés. »
L’Abbaye de Notre-Dame, de l’ordre de Saint-Augustin, avait sous sa dépendance les trois paroisses de Ham et sept autres cures du doyenné. Sa prospérité ne fit que s’accroître jusqu’au moment ou l’on substitua aux abbés réguliers des abbés commendataires [1532]. Cette innovation porta un coup fatal aux institutions monastiques, aussi les vit-on décroître rapidement. Pour porter remède à ce mal on dût affilier les Chanoines de Ham aux congrégations de moines réformés. Dès 1641, les religieux de l’Abbaye de Sainte-Marie se détachèrent de la maison mère de Saint-Victor, de Paris, pour embrasser la réforme de la Congrégation de France.
Par sa bulle du 29 janvier 1469, le pape Paul II avait ajouté au droit de l’anneau et de la crosse que l’abbé de Ham avait déjà, celui de la mitre et des habits pontificaux.
Cette abbaye jouissait d’une réputation méritée, tant par la grandeur de ses édifices, par la richesse de sa bibliothèque que par le nombre et la célébrité de ses abbés Réguliers et Commendataires et par les hommes remarquables qu’elle a produits : Saint-Gilbert, évêque de Meaux ; Wibert et Fribert, abbés de Vermand ; Gobert de Ham, abbé des Aulnes.
A la fin du dix-huitième siècle, ses revenus s’élevaient à plus de 30 000 livres.
Ses archives avaient été consumées dans le grand incendie qui la détruisit de fond en comble, pendant le sac de la ville en 1411.
Sa bibliothèque contenait 8 688 volumes imprimés, des manuscrits, des évangéliaires, un Antiphonaire remarquable. Les bâtiments de l’Abbaye formaient avec l’église un vaste rectangle le long duquel courait un cloître reliant entre elles les diverses parties de l’édifice.
L’abbatiale qui reliait l’église à la bibliothèque existe encore. On y pénètre par une porte monumentale orné de quatre colonnes corinthiennes surmontées d’élégants chapiteaux, avec frise et corniche délicatement sculptées. La date 1701 est gravée dans le fronton. Les appartements de l’Abbé, richement meublés, reçurent à diverses reprises Louis XIV, allant en Flandres.
L’ancienne bibliothèque s’élève parallèlement à l’église. Son pignon, donnant sur la rue Notre-Dame, porte encore des sculptures, qui rappellent sa destination. Le logement des Religieux, situé à l’est, reliait la bibliothèque au chevet de l’église. Ce magnifique corps de logis, formé de trois étages au dessus du rez-de-chaussée, fut complètement rasé pendant la Révolution.
La loi du 19 février 1790, supprima l’abbaye ; le mobilier fut vendu le 19 novembre 1791 et un hôpital militaire fut installé dans ces vastes bâtiments. Finalement on vendit, comme bien national, ce qui en restait à M. Joachim-Prosper Foy pour la somme de 13 500 livres !



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