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Henri IV à Albert

  • 27 janv.
  • 2 min de lecture

Albert, histoire et description

de la cité d'Encre

par Henri Daussy

15.8 x 24 cm - 132 pages
















Les Espagnols devaient tenter et tentèrent en effet de faire lever le siège en attaquant les assiégeants par derrière. Ils étaient commandés par l’archiduc Albert d’Autriche, qu’on appelait aussi le Cardinal, car il avait reçu le chapeau rouge quoiqu’il ne fut pas prêtre. Il avait son quartier général à Arras. Avant de s’avancer de là avec le gros de son armée il envoya un corps de cavalerie de six cents chevaux, sous les ordres du mestre de camp de la Barlotte, pousser une reconnaissance. Partis de Doullens le 28 août, la Barlotte et ses compagnons se dirigèrent vers Corbie pour reconnaître la position des Français qui enveloppaient la ville d’Amiens au Nord de la Somme. Mais le roi, qui avait reçu avis de leur arrivée à Doullens, et qui veillait sans cesse, avisé par ses coureurs, sut, à neuf heures du matin, que les ennemis n’étaient qu’à trois lieues de lui. Prenant aussitôt vingt-cinq à trente cavaliers qu’il trouva sous sa main, et laissant l’ordre de lui envoyer tout de suite un renfort, que lui amena en effet le maréchal de Biron, il s’élança au-devant des Espagnols. Ceux-ci, avertis par leurs éclaireurs de l’approche d’une troupe française, craignant d’être coupés s’ils rebroussaient chemin vers Doullens, prirent le parti de faire retraite sur Bapaume et filèrent au galop par la route d’Encre, poursuivis par le roi, qui galopait sur leurs traces. Les portes d’Encre leur étant fermées, naturellement, il leur fallut chercher un endroit pour traverser la rivière. Au moment où le passage s’effectuait, non sans désordre, ils furent rejoints par les Français. Nos carabins en tuèrent ou firent prisonniers un bon nombre surtout parmi les Italiens qui formaient l’arrière-garde. Parvenus au-delà d’Encre les chefs espagnols voulurent reformer leur troupe désorganisée et faire tête, mais ne purent y parvenir. Ce ne fut plus qu’un sauve qui peut. Les uns, mettait pied à terre, allaient se cacher dans les bois, où les paysans les massacrèrent. Les autres, s’efforçant de gagner Bapaume, leur ville de refuge, fuyaient à toute bride. Mais leurs chevaux harassés, exténués, qui couraient depuis Doullens, tombaient littéralement de fatigue. Les Français ramassèrent quantité de prisonniers. Le roi ne s’arrêta qu’à une lieue de Bapaume. De là il revint coucher à son camp devant Amiens, où il arriva à une heure du matin, après cette chevauchée de vingt lieues. C’était tout au moins un vaillant cavalier que le roi vaillant de la chanson populaire.


La reprise d’Amiens fut suivie, peu de temps après, par le traité de Vervins, 2 mai 1598, qui termina la guerre avec l’Espagne. Les populations de la frontière purent enfin respirer.

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