"Victime du réveillon" par Gabriel Vicaire (1848-1900)
- 3 mars
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Les poètes de la ripaille
Léon Larmand
15 x 21 cm - 158 pages
Hélas le bon gros cochon
Qui, dans la paix de son âme.
Agitait comme une flamme
Sa queue en tire-bouchon ;
Lui qui, sans la moindre pose,
De l’air le plus avenant,
Exhibait à tout venant
Son cher petit groin rose.
On l’a tué sans pitié
Il n’ira plus, par le monde,
Distribuer à la ronde,
Ses grognements d’amitié.
Par les pieds, à quelque poutre,
Le voici, pauvre vérat,
Pendu comme un scélérat,
Déjà vidé d’outre en outre.
Dans la seille de bois blanc,
Fument ses tripes énormes.
Devant ces restes informes,
Les canards vont défilant.
Triste spectacle, à vrai dire !
Mais au premier carillon
De Noël, quand Réveillon
Lèvera sa poêle à frire ;
A l’heure où l’on danse en rond,
Quelle odeur de goinfrerie
Emplira la métairie
Où les gars s’attableront !
Et, braves gens, que de joie,
Lorsqu’en forme de boudin,
Ressuscitera soudain,
Le bon habillé de soie !



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