Parmi les mœurs à Abbeville en 1429
- 17 févr.
- 2 min de lecture

ABBEVILLE ET LE PONTHIEU
Entre le XIe et le XVIIIe siècle
(mœurs, usages, état physique...)
François-César Louandre
15 x 21 cm - 192 pages
Voici le menu d’un dîner municipal en 1429 :
« Quatre muids et un quartier de vin, deux moutons, neuf cochons de lait, vingt oisons, trente-six poulets, potage à sauce, quatre lots de verjus, poissons, fromage, cresques, poires, cerneaulx. »
Si les repas n’étaient point variés, ils étaient du moins copieux mais on a lieu de croire que le service de la table n’était pas brillant, puisqu’on voit figurer dans le compte des dépenses, des pots de terre et des jattes de bois, et qu’on faisait usage ordinairement de vaisselle de cuivre et d’étain. Les convives avaient cependant du luxe à leur manière, car avant de se mettre à table ils se lavaient les mains avec de l’eau de rose, et ils jonchaient d’herbes et de fleurs le pavé des salles du banquet.
Un dîner était alors une affaire d’état dans toute l’acception du mot. Le jour de la Saint-Barthélemy, le cuisinier chargé du repas municipal était élu par les officiers de la ville à la pluralité des voix.
Lorsque des personnages notables passaient à Abbeville, on leur offrait des volailles, des poissons de mer et un certain nombre de cruches de vin, mais plus ordinairement une ou plusieurs barriques entières et les valets avaient aussi leur part.
Le vin, dans toutes les occasions joyeuses, poussait souvent aux disputes, et la brutalité naturelle des mœurs ne disposait que trop au désordre les bourgeois turbulents. On les voit toujours prêts à férir du coustel ; ils battent le guet, brisent les prisons, délivrent les prévenus, se portent à tous les excès à l’égard des femmes ; à table ils s’injurient, se soufflettent, se jettent des gobelets de vin à la tête ; ils blasphèment, courent masqués par les rues, et toujours armés de bâtons et d’armes offensives. Les sergents ne peuvent suffire à maintenir la paix publique.



Commentaires