Péronne : au milieu des grenouilles
- 15 juil. 2025
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Dernière mise à jour : 1 avr.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE PÉRONNE
Première partie : De l’origine à 1610
Deuxième partie : De 1610 à 1880
Jules Dournel
Format 14 x 21 cm - Reprint - 260 pages
La ville de Péronne, située sur la rive septentrionale de la Somme et entourée de vastes marais, n’était à l’origine qu’un simple hameau habité par quelques pêcheurs gaulois. Leurs cabanes s’étendaient depuis la petite île de Sobotécluse, aujourd’hui le faubourg de Paris, jusqu’aux environs du monticule où fut élevée dans la suite la collégiale de Saint-Fursy.
Cette éminence, jadis couverte de bois, et qu’on appelle aujourd’hui la butte Saint-Fursy, était alors désignée sous le nom de Mont-des-Cygnes.
A l’époque gauloise et sous la dénomination romaine, on ne découvre dans aucun auteur ancien la mention d’habitations sur le Mont-des-Cygnes ; ce n’est qu’à l’époque franque seulement, que des documents authentiques nous font connaître sur cette éminence, berceau de la ville actuelle, l’existence du palais mérovingien, bâti par un de ces chefs francs, qui en 428, s’étaient emparés des Gaules et nous montrent l’église de Saint-Pierre et de Saint-Paul sur l’emplacement qu’occupa dans la suite la collégiale.
Au bas de la montagne, à Sobotécluse, s’élevait déjà la chapelle de Saint-Pierre, construite par les pêcheurs, premiers propriétaires du sol et dédiée à leur patron. Ces pêcheurs péronnais étaient probablement devenus chrétiens dès les 2e et 3e siècles, au temps de l’évangélisation des Gaules, à l’époque où arrivèrent dans les pays environnants leurs premiers évêques et martyrs, soit à Samarobriva (Amiens) saint Firmin, à Lutèce (Paris) saint Denis, à Senlis saint Rieul, à Soissons saint Sinice, etc. C’est cette chapelle qui devint plus tard, suivant certaines chroniques, l’église de Saint-Quentin-en-l’Eau. Péronne et le Santerre eurent en grande vénération saint Quentin qui avait traversé ce pays en se rendant de Samarobriva, qu’il avait évangélisé, à Augusta Veromanduorum, aujourd’hui Saint-Quentin, où il fut martyrisé, malgré sa qualité de citoyen romain par le Préfet des Gaules, Rictiovare, le 31 octobre 303.
Ce ne fut qu’à partir de la construction d’une digue, qui retint les eaux de la Somme, qu’on a élevé, à la place des cabanes primitives, des habitations plus solides et plus nombreuses, garanties ainsi de l’inondation. On laissa à cet endroit, baigné par la rivière, et qui devint un des faubourgs de la ville, le nom de Sobotécluse, et l’on donna exclusivement le nom de Péronne à la ville naissante, formée par les guerriers francs qui venaient se grouper autour du palais de leur chef.
Quant à l’origine de son nom de Péronne, les auteurs ne sont pas non plus d’accord. Les uns le font venir des mots celtiques Perrhaon (place très forte) ou Perronn, exprimant un endroit marécageux, d’autres du latin Pero, Peronis (guêtre ou botte) ou Peronœi (guêtrés ou bottés) parce que les premiers habitants étaient obligés de porter cette espèce de chaussure pour traverser leurs marais. L’étymologie la plus généralement acceptée de Sobotécluse a le même sens, sois botté ès ècluse : l’île étant séparée de la ville par la rivière qui, au moyen d’un barrage ou écluse, en alimente les moulins, il fallait être botté pour aller par le chemin peu praticable à l’écluse. D’autres nient cette étymologie, s’appuyant sur un sceau ayant appartenu à l’église de Saint-Quent-en-l’Eau, qui dépendait de Sobotécluse, sur lequel sont inscrits ces mots Soyebaut-Escluse.
Des auteurs prétendent enfin que Péronne est tiré de ces deux mots latins per ranas (au milieu des grenouilles), ces animaux étant en effet en grand nombre dans les marais qui entourent la ville.



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